Changer de carrière à 50 ans : un défi à surmonter

Laurie Gobeil laurie.gobeil@tc.tc
Publié le 1 novembre 2016

Johanne Blais passe de nombreuses heures à chercher un emploi.

©Photo TC Media - Laurie Gobeil

Lorsque l’on décide de changer de carrière après avoir exercé pendant 15, 20 voire même 25 ans le même métier, ça prend du courage, une envie de relever de nouveaux défis et un fort désir de changement. C’est cette volonté qui a guidé la Saguenéenne Johanne Blais au cours des dernières années.

Dans une première vie, pendant plus de 20 ans, Johanne Blais travaille comme décoratrice. La volonté de faire autre chose la pousse à s’inscrire à un premier certificat universitaire, à temps partiel. Une fois les pieds « dans la place », elle se motive, se décide à réellement réorienter sa carrière.

« De fil en aiguille, on s’aperçoit qu'un certificat, ce n’est pas assez. Alors, je me suis réinscrite en santé et sécurité au travail et ensuite, en coaching. J’ai constaté toutes les possibilités qui s’offraient à moi! », de mentionner celle qui possède finalement un baccalauréat en administration des affaires avec un certificat en gestion des ressources humaines.

La polyvalence de ses études lui permet d’envisager un futur prometteur. Mais, sans expérience concrète dans son nouveau domaine, aucun employeur n’a jusqu’à maintenant accepté de lui offrir une première chance, environ un an et demi après la fin de ses études.

Elle ne compte pas les curriculums vitae qu’elle envoie, sans parler des fiches qu’elle remplit sur différents sites, notamment, LinkedIn.

« Si je n’ai pas envoyé 150 [CV], je n’en ai pas envoyé un », indique celle qui a passé quelques entrevues aussi, mais sans succès.

Face à toutes ces démarches, il y a évidemment des périodes de découragement. Malgré tout, Johanne Blais garde espoir.

« Il y en a des employeurs qui ciblent des personnes d’un certain âge, il suffit de les trouver », lance-t-elle, toujours avec le sourire.

Plus encore, elle se demande si les employeurs font la corrélation entre les aptitudes que les gens acquièrent dans leurs anciens emplois et leur nouveau domaine, même si les deux sont différents.

Autre problème, si elle manque d’expérience dans son domaine d’études aux yeux des employeurs, elle se fait dire avoir trop de formations lorsqu’elle s’écarte de son champ d'expertise.

Soulignons que Johanne Blais a suivi un stage de 15 semaines, chez Propulsion Carrière, où elle a entre autres eu l’occasion de mettre en pratique ses cours en gestion des ressources humaines.

Avantages et avenir

Les avantages à engager des personnes de 50 ans et plus existent, encore faut-il que les employeurs soient en mesure de les reconnaître.

« On peut offrir une stabilité à nos patrons. Pour nous, avoir un emploi, c’est dans l’objectif de terminer notre vie professionnelle. On a plus goût de l’aventure et on ne souhaite plus changer de place, soutient-elle. J’aimerais avoir l’opportunité de choisir un endroit et un métier dans lequel je vais être bien. Rendue à 52 ans, je n’ai plus la même vision que quand j’ai commencé à 20 ans.»