Couple homoparental : moins de préjugés qu’on peut le croire en région

Laurie Gobeil laurie.gobeil@tc.tc
Publié le 4 octobre 2016

Couple homosexuel.

©Photo: depositphotos.com-actualtime

RÉACTIONS. Qu'on le veuille ou non, la population bien qu'elle ait fait preuve d'ouverture d'esprit au cours des dernières années, conserve certains préjugés quant aux couples homosexuels qui désirent fonder une famille. TC Media s'est entretenu avec deux familles de la région afin de prendre le pouls de la situation.

De l’amour entre deux gars, deux filles ou un gars et fille, c’est de l’amour. Stéphanie Boudreault et Audrey Lapierre

:« On le sent [que les gens le remarquent], mais on ne se le fait pas nécessairement dire », d’expliquer Étienne Trépanier.
C’est d’ailleurs lui qui, originaire de la région de Victoriaville, a pensé venir s’établir dans la région d’origine de son conjoint, pour pouvoir adopter un style et un rythme de vie plus près d’eux.
« Les gens d’ici sont déjà réputés pour leur côté chaleureux. [D'où je viens], il y a plus de violence rattachée à l’homophobie. Des gens mal à l’aise peuvent même s’en aller d’un endroit, pas ici », croit-il.
Même son de cloche pour les Almatoises Stéphanie Boudreault et Audrey Lapierre qui estiment que les gens sont tout de même compréhensifs. Elles ne croient d’ailleurs pas que leur fille soit contrainte plus tard par leur situation.
« C’est sûr qu’il va y avoir [des gens qui vont lui dire que sa situation est étrange], mais elle va l’assumer comme si c’était une normalité parce qu’elle va toujours nous avoir vu l’assumer. De l’amour entre deux gars, deux filles ou un gars et fille, c’est de l’amour. C’est quand tu ne t’acceptes pas que tu crées un malaise», expliquent-t-elles, visiblement sur la même longueur d'onde.

Jean-Philippe Martin et son conjoint Étienne Trépanier vivent un doux bonheur avec leurs filles Océanne Maltais-Trépanier (3 ans) et Anaïs (nom fictif, 5 ans) absente de la photo par souci de protection de son identité.

©Photo gracieuseté

Réactions de la DPJ
Étienne Trépanier s’est dit surpris de constater l’ouverture de la Direction de la protection de la jeunesse, au moment où ils entament les démarches pour accueillir un enfant.
« Parfois, les gens peuvent entretenir certains préjugés comme la pédophilie chez les homosexuels, mais ce n'est pas le cas. Nous avons rencontré les intervenants ensemble et séparément au même titre qu’un couple hétérosexuel. Ils n’ont jamais eu d’hésitations et nous avons reçu notre accréditation assez rapidement », de relater le jeune homme.
Stéphanie Boudreault croit aussi que les préjugés sont généralement plus présents envers les hommes.
« Il y a beaucoup de mamans qui élèvent leurs enfants seules. Par contre, le contraire se voit moins, alors les gens ont moins cette image en tête », donne comme hypothèse Audrey Lapierre.

Stéphanie Boudreault et Audrey Lapierre entourent leur petite fille de 9 mois, Emmalie

©Photo gracieuseté

Désir d’être papa
Ce qu’il constate toutefois autour de lui, c’est que le désir d’être parent n’est pas présent dans tous les couples d’hommes. Dans leur cercle, ils sont d’ailleurs les seuls. La longévité de leur couple, 19 ans, fait aussi d’eux un couple d’exception.
«Je réalise toutefois que les gens posent plus de questions. Encore aujourd’hui, un homme m’a demandé comment nous avions fait pour devenir famille d’accueil. Il y en a de plus en plus, ça a tendance à se démocratiser », analyse l’homme aujourd’hui âgé de 40 ans.


Une jeune génération différente
Selon Étienne Trépanier, la génération de jeunes gais sera possiblement davantage tournée vers les possibilités qu’il y a, d’avoir un enfant étant donné qu’elle en aura davantage observé.
« C’est une autre réalité aujourd’hui. Il y a plus de modèles. Ça devient normal. Juste le fait d’avoir Internet te donne accès à plusieurs d’informations », explique-t-il.