13 reasons why: des impacts jusque dans la région


Publié le 18 mai 2017

13 Reasons why.

© Photo: TC Media - Audrey-Anne Maltais

TÉLÉVISION. La série réalisée par Netflix 13 reasons why a fait couler beaucoup d'encre depuis sa sortie en mars. L'émission américaine qui aborde le sujet du suicide sème la controverse et a des impacts jusque dans la région.

Pour ceux qui n'en ont pas encore entendu parler, 13 reasons why est une série qui se construit autour de 13 cassettes laissées à ses collègues de classe, par le personnage principal, Hannah Baker, afin d'expliquer sa décision de s'enlever la vie.

L'Association québécoise de prévention du suicide a pris position sur le sujet et le Centre de prévention du suicide 02 a repris cette même position selon laquelle la série n'est pas un outil de prévention du suicide, malgré les intentions des producteurs.

Les intervenants

Ce que déplore Andrée Verreault, du Centre de prévention du suicide du Saguenay-Lac-Saint-Jean, c'est que la série présente le suicide comme étant incontournable, en plus de faire de la mort d'Hannah Baker une vengeance contre ceux qui lui ont fait du mal.

« On dit que le suicide n'est pas une solution, ce n'est pas un choix, c'est une absence de choix », a souligné Mme Verreault.

Le plus dommage, aux dires de cette dernière, c'est la façon dont sont dépeints les intervenants de l'école, soit qu'ils sont incompétents et qu'ils ne peuvent venir en aide aux jeunes.

« Ça leur montre que d'aller chercher de l'aide, ça ne donne rien. Tous les intervenants qu'elle va voir pour aller se chercher de l'aide sont incompétents, alors que dans la vraie vie, ce n'est pas du tout le cas », s'attriste la coordonnatrice à l'application des services cliniques et de formation pour le Centre de prévention.

« C'est de véhiculer une mauvaise image des intervenants qui est complètement fausse », de lancer Mme Verreault. Cette dernière a assuré que les gens qui travaillent dans les écoles ont à cœur d'aider les jeunes et qu'ils sont tous formés en conséquence.

Depuis l'avènement de 13 reasons why, le nombre de tentatives de suicide par lacération, la façon utilisée par Hannah Baker, a augmenté.

« Il y a eu un impact négatif au niveau des auditeurs. Il y a même eu un décès par suicide de la même manière que dans l'émission, pas dans la province, mais des tentatives ont eu lieu au Québec. On parle de jeunes filles dans le même âge. C'est le même pattern », a-t-elle précisé.

Mme Verreault a ajouté que de nombreux parents appellent la ligne d'intervention pour savoir quoi faire ou ne pas faire concernant cette série.

« On les réfère au site de l'AQPS qui a publié des communiqués pour les parents, pour les intervenants scolaires. »

La coordonnatrice se désole que bien que le réalisateur soit allé chercher des informations pour savoir ce qu'il fallait faire ou non, il se soit dirigé dans la mauvaise direction.

La fameuse scène du suicide d'Hannah Baker, troublante, vient hanter les téléspectateurs tout au long des treize épisodes de la première saison.

« Il a quand même fait ce qu'il ne devait pas faire. À la limite, ça fait partie de la vie. Oui il y a décès par suicide, mais est-ce qu'on est obligé de les montrer à l'écran? Je ne crois pas », a-t-elle conclu.

Avec l'annonce d'une deuxième saison, l'inquiétude demeure sur les impacts que cette série a déjà et aura dans le futur sur les personnes en détresse.

Besoin d'aide? Tel-jeunes : 1 800 263-2266 texto : 514-600-1002

Centre de prévention du suicide : 1 866 APPELLE (277-3553)