Santé et sécurité au travail: 3 décès en quelques mois au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Audrey-Anne Maltais redaction.saguenay@tc.tc
Publié le 17 octobre 2016

Guy Lorion, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux, Guy Gingras, Jean Lacharité et Louise Gauthier, agente de liaison en santé et sécurité au travail au Conseil central.

© Photo: TC Media - Audrey-Anne Maltais

PRÉVENTION. L'an dernier, 196 personnes ont perdu la vie en raison de leur emploi ou ont péri en travaillant au Québec. Il s'agit d'une augmentation considérable de 34 décès par rapport à l'année précédente. Un chiffre qui ne tend pas à diminuer d'année en année, selon la CSN.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, au cours des derniers mois seulement, trois personnes sont décédées en effectuant leur travail, a rapporté Guy Gingras, responsable politique du dossier pour le Conseil central du Saguenay-Lac-Saint-Jean (CSN).

C'est dans le cadre de la semaine nationale de la santé et sécurité au travail, qui se tient du 16 au 22 octobre, que la CSN visitera bon nombre de milieux de travail dans la région afin de rappeler l'importance de cet enjeu, dans un contexte où l'employeur demande souvent d'en faire toujours plus avec moins.

Les visites commençaient d'ailleurs hier, avec l'établissement de détention de Roberval.

« La prévention est le nerf de la guerre en matière de santé et de sécurité. C'est en amont qu'il faut agir pour sensibiliser les employeurs aux risques liés au travail. Il est inacceptable qu'encore aujourd'hui, le travail rende malade ou pis encore, qu'il tue », a indiqué M. Gingras.

Désarroi et insécurité

« Je crois que l'augmentation du nombre de décès est liée au contexte économique général. Dans un contexte où on demande toujours aux travailleurs de faire plus avec moins », a souligné le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

Pour ce dernier, le taux de désarroi et le niveau d'insécurité chez les travailleurs sont démesurés.

Autant du côté du privé que du public, les employeurs poussent à faire plus avec moins de ressources, ce qui a pour effet d'augmenter le nombre d'incidents, d'accidents et de décès, a rapporté M. Lacharité.

« Si le nombre de décès a augmenté de 34 l'an dernier comparé à l'année précédente, il doit y avoir quelque chose qui ne fonctionne pas dans les milieux de travail au Québec », a-t-il déploré.

Moderniser la loi

Parmi les facteurs, M. Lacharité croit que la loi sur la santé et sécurité au travail, ainsi que la loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles, devraient être modernisées.

« Il faut mettre en place les mécanismes de prévention qui sont prévus à la loi, mais qui ne s'applique pas pour 80% des travailleurs au Québec. En 1979 (entrée en vigueur de la loi sur la santé et sécurité au travail), on était à l'avant-garde en matière de santé et sécurité au travail au Québec, comparé aux autres provinces canadiennes, mais aujourd'hui, on est rendu en queue de peloton », a conclu M. Lacharité.