Le prix de l’Immatriculation augmente de 350 %

Motocyclette à « circulation restreinte »

Jean-Philippe Reid jean-philippe.reid@tc.tc
Publié le 17 avril 2012

Faire face à une augmentation de prix atteignant les 350 % pour immatriculer sa motocyclette, c’est assez impressionnant. Mme Martine Émond est l’une des 8000 personnes qui ont reçu un avis de cotisation sur lequel le montant à payer est passé de 98,55 $ en 2011, à 343,65 $ en 2012.

Les motocyclettes fabriquées il y a 25 ans ou plus étaient celles qui pouvaient profiter de la circulation dite restreinte (dans les zones ne dépassant pas les 70 km/h). Suite à la forte augmentation de motocyclistes qui se sont procuré cette immatriculation au cours des six dernières années, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) et le Front Commun Motocycliste (Association qui représente les motocyclistes) ont modifié certaines conditions à ce qui a trait à la circulation restreinte. En plus d’une hausse de la tarification, les motocyclettes devront dater d’une année antérieure à 1981 pour y avoir droit.

Martine .Émond est une Jonquièroise qui possède une moto répondant aux anciennes exigences. Elle perd donc plusieurs avantages avec ces nouvelles restrictions,

« J’ai dû attendre à 2010 pour que ma motocyclette atteigne 25 ans d’âge. Ça ne fait même pas deux ans que je profite de cette réglementation, et maintenant ma moto ne pourra plus jamais répondre aux exigences. Avec la hausse du nombre d’individus qui utilisent cette immatriculation, je trouve normal que le prix augmente, mais pas de façon aussi radicale », déplore la dame qui possède Scooter 250cc style Vespa datant de 1985.

En 2006, on comptait 3000 motocyclettes ayant ce type d’accès « circulation restreinte ». En 2010, le nombre a triplé, passant à 12 000.

Selon Gino Desrosiers de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), cette augmentation prouve que certaines personnes profitent légèrement du système : « Certains individus se procuraient cette immatriculation même si leur motocyclette avait les capacités de circuler sur l’ensemble du système routier. La SAAQ devait remédier à la situation ».

Mme Émond dénonce l’influence du Front Commun Motocycliste, qui a priorisé la position des motocyclettes de type « régulière » et « à risque » dont l’immatriculation coute beaucoup plus cher, mais que les risques d’accident sont beaucoup plus élevés.

« Ils ont voulu augmenter les tarifs des plus faibles, qui représentent un très bas pourcentage des accidents en motocyclette, et ainsi laisser les plus dangereux payer le même prix que nous ».

Peu de plaintes

Même si 8000 détenteurs de motocyclettes ont été avisés de cette hausse vertigineuse de leur plaque d’immatriculation, seulement 60 plaintes sont enregistrées à la SAAQ jusqu’à présent. C’est maintenant 4309 personnes qui ont enregistré leur immatriculation à « circulation réduite », qui reste au même prix que l’an dernier. Le motocycliste doit obligatoirement posséder un modèle datant d’une année antérieure à 1981.