Le Colisée Pepsi ou le centre Georges-Vézina?

Dominique Savard
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Dans la foulée du débat concernant la possibilité de changer le nom de l’Auditorium Dufour pour l’offrir à un commanditaire, il est à se demander si Saguenay doit embarquer dans cette nouvelle philosophie.

L’appellation rattachée à des personnalités, lieux ou faits historiques comme l’Auditorium Dufour, le quai d'escale Agésilas-Lepage, la salle Pierrette-Gaudreault, le centre Georges-Vézina, la salle François-Brassard, le mont Jacob, le pont Dubuc, l’aréna Jean-Claude-Tremblay et de nombreux autres noms à Saguenay sont aussi importants l’un comme l’autre et surtout, ils ne devraient pas être à vendre!

Le conseil municipal de Saguenay doit, par un souci historique et de reconnaissance au passé, conserver ses appellations sans jamais les remettre en question. Surtout pas pour une question financière, même s’il faut convenir que « l’argent est souvent le nerf de la guerre » dans ce genre de dossier.

Lorsque des infrastructures ou des sites désignent une personnalité, un moment ou un nom historique, c’est notamment dans le but de préserver notre mémoire et d’assurer notre histoire pour les générations futures, en plus de développer un sentiment d’appartenance envers ceux qui ont marqué le développement de notre communauté. Changer cela pour un nom commercial uniquement pour des raisons financières est, à notre avis, tout simplement scandaleux et irrespectueux !

Après avoir été nommée « Capitale culturelle du Canada en 2010 », comment Saguenay pourrait modifier les noms de ses établissements culturels, comme par exemple, l’Auditorium Dufour ou la salle Pierrette-Gaudreault, pour celui d’une entreprise commerciale simplement pour des raisons financières. Même chose pour le nom du quai d’escale Agésilas-Lepage qui rend hommage à cet homme d’affaires qui est à l’origine de la construction de ce quai en 1905. Le site du patrimoine du Quai-Agésilas-Lepage où accostent aujourd’hui les bateaux croisières à La Baie rappelle l'importance des activités portuaires dans le développement socioéconomique de Bagotville. Et que dire de l’origine du nom du mont Jacob qui évoque le souvenir du charpentier Jacob Simard. Ce dernier aurait contribué à la construction des premiers moulins à scie des environs et, il aurait également été le premier sacristain de la paroisse Saint-Dominique de Jonquière, vers 1866. Pour sa part, Pierrette Gaudreault a été la fondatrice de l’Institut des arts au Saguenay, en plus d’être à l’origine du Camp musical du Lac-Saint-Jean.

La tentation de tasser du revers de la main ces appellations historiques peut s’avérer intéressante pour une municipalité qui veut diminuer ses dépenses et augmenter ses revenus. Il ne faut toutefois pas le faire au détriment de notre histoire et de notre patrimoine. C’est le comportement inverse que l’on doit adopter. Identifier de plus en plus de sites et d’infrastructures à des personnes qui ont marqué notre développement, notre passé, notre présent. C’est de cette façon que l’on développera un sentiment d’appartenance tout en laissant un héritage historique aux générations futures. N’est-il pas plus captivant de s’intéresser à l’histoire du centre Georges-Vézina et du personnage qui a donné son nom à cet aréna qu’à celle du Colisée Pepsi ou du Centre Bell? Poser la question c’est y répondre…

Organisations: Centre Bell

Lieux géographiques: Saguenay, Mont Jacob, Pont Dubuc Canada La Baie Bagotville Paroisse Saint-Dominique de Jonquière

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