Jean-François Morency confronté à la preuve de l'écoute électronique

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France Paradis
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Jean-François Morency a été confronté mercredi après-midi à une partie de la preuve électronique à la reprise du procès devant le juge Alain Morand de la Cour du Québec (Chambre criminelle et pénale). Cette preuve a été recueillie contre lui dans le cadre de l’enquête menée pour vérifier certaines allégations à l’effet que l'ex-procureur aux poursuites judiciaires et pénales avait accepté des sommes d’argent en retour de l’abandon de poursuites contre des individus.

L'ex-procureur Jean-François Morency a reconnu sa culpabilité pour des chefs d’accusation d’abus de confiance, de corruption et d’abus de confiance.Photo: France Paradis

La journée avait débutée sur un moment fort de ce procès alors que Jean-François Morency a reconnu sa culpabilité pour des chefs d’accusation d’abus de confiance, de corruption et d’abus de confiance dans trois dossiers différents.

À la reprise de l’audience, à 14 h, le procureur au dossier, Me Jean-François Tessier a fait entendre trois enregistrements réalisés dans le cadre d’un mandat d’écoute électronique obtenu préalablement par les enquêteurs de la Sûreté du Québec.

Attendu que certaines parties de ces bandes sonores présentaient des sections inaudibles, le juge Morand a ajourné pendant 30 minutes, le temps requis que l’on produise une version papier de la transcription de ces conversations afin que les médias puissent suivre plus facilement.

Jean-François Morency, assis à côté de son avocat Me Jean-Marc Fradette, affichait parfois un air intéressé à ces conversations ou encore, il démontrait un regard détaché.

La première bande fait état d’une conversation tenue le 7 avril 2008, à 9 h 37, Pierre Deschênes à qui Me Jean-François Morency aurait fait une faveur en s’arrangeant pour que son dossier de conduite en état d’ébriété soit prescrit (passé date) et qu’il n’y a pas eu d’accusations, appelle Me Morency à son bureau du Palais de justice d’Alma. Il lui demande explicitement s’il peut intervenir dans le dossier d’une amie qui a eu un problème similaire d’arrestation en état d’ébriété. Morency demande à Pierre Deschênes si cette amie est fiable et lui de répondre « Oui… mets-en est fiable… c’est comme si j’veux qu’tu la r’çoive comme si se s’rait moi ».

Le rendez-vous avec l’amie en question est fixé à 13 h 15 le même jour. Cette amie prénommée Johanne était en fait une agente d’infiltration de la Sûreté du Québec. Elle discute avec Me Morency pour expliquer son cas et le procureur lui donne des conseils comment faire une contrepreuve pour faire sauter l’accusation et comment trouver un avocat qui défendrait sa cause.

Lors d’un autre rendez-vous, le 5 mai, Johanne revient sur le dossier. On y relate les événements de Pierre Deschesnes, l’abandon de son dossier, les 5000 $ à 6000 $ que Pierre Deschesnes aurait versé à JF Morency pour le remercier et combien Johanne pourrait donner pour régler le sien de la même manière. À cette occasion, elle aurait remis 2000 $ en argent, argent retrouvé dans la résidence de Jean-François Morency le jour de son arrestation.

Cette première journée d’audience a pris fin avec le début de l’audition de la bande vidéo de l’interrogatoire de Jean-François Morency au soir du 22 mai 2008, lors de son arrestation. Progressivement, l’enquêteur l’amène vers le dossier de Pierre Deschesnes qu’il nie connaître au départ.

Le procès reprendra ce jeudi avec la fin de cette audition et les contre-interrogatoires de la Couronne et de la Défense.

Organisations: Sûreté du Québec, Palais

Lieux géographiques: Alma, La Couronne

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