«Thierry guide mes pas et me donne le courage de continuer»

Michel Leroux se remémore son fils policier tué à Lac-Simon


Publié le 13 février 2017

Michel Leroux pose devant le poste de police où son fils Thierry a travaillé six mois.

Michel Leroux, père du policier Thierry Leroux décédé en service à Lac-Simon en février 2016, souhaite transformer son drame personnel en projets utiles pour les jeunes de la communauté et tenter de trouver un sens pour éviter que l’histoire se répète.

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M. Leroux a accepté l’invitation de la communauté anishnabe de commémorer le décès de son fils, le 13 février. La famille d’Anthony Raymond Papatie, celui qui a tiré sur le policier avant de retourner l’arme contre lui, était aussi présente.

«Je suis monté avec sa voiture, pour la symbolique. Ici, c’est la 2e maison et la 2e famille de Thierry. Revoir ses amis et ses collègues, c’est émotif. Ce le sera aussi de revoir pour la 2e fois la famille de M. Papatie, a estimé Michel Leroux.

«Il y a deux victimes: Thierry et M. Papatie. Le geste était gratuit, violent, inexplicable et je ne crois pas être capable de lui pardonner un jour. Mais cela n’a rien à voir avec sa famille ni la communauté. Ce drame aurait pu arriver ailleurs», a-t-il affirmé.

Éviter un autre drame

Depuis le tout début, Michel Leroux souhaite utiliser ce drame pour changer les choses afin d’éviter que l’histoire se répète.

«L’événement est survenu dans un cas isolé de détresse avec tout le contexte des armes à feu et de la toxicomanie. Quand quelqu’un a le cancer, il accepte de se faire soigner. Quand on parle de santé mentale, il faut d’abord que la personne accepte qu’elle en souffre et ensuite aille chercher de l’aide. Comme société, il faut détecter les signes plus rapidement et traiter ces gens-là. Car ils sont dangereux pour eux, mais aussi pour leur entourage, a-t-il rappelé.   

«On doit tirer des leçons de ce qui s’est passé dans le cas de Thierry et refermer les mailles de notre système pour éviter une autre tragédie. Si on ne fait rien et on ne se mobilise ça, c’est une question de temps avant que ça se reproduise», a ajouté M. Leroux.  

Celui-ci attend avec impatience le rapport du coroner sur le décès de son fils. «On connaît le rapport d’enquête de la Sûreté du Québec. Mais il y a une partie encore méconnue sur des causes fondamentales de ce qui est arrivé. Je suis en contact avec le coroner et j’espère que ses recommandations vont permettre de changer les choses dans le travail des policiers. Il faudra de la volonté, de la détermination et de la patience pour amener des changements», a souligné M. Leroux.

M’impliquer donne un sens à ce qui n’en a pas et expliquer l’inexplicable. Il a fait d’énormes sacrifices pour atteindre son rêve de devenir policier. Si lui a été capable, les jeunes de la communauté aussi Michel Leroux

La Fondation s’en vient

L’une des façons de transformer ce drame en quelque chose de positif demeure la mise en place de la Fondation Thierry-Leroux, initiée par des collègues policiers de Lac-Simon.

«J’en suis l’humble porte-parole. On est très près d’une annonce. Après quelques détails, il reste l’étape de la signature. Si la Fondation aide dans le processus de rapprocher les peuples, c’est tant mieux, a souligné M. Leroux.

«Je suis originaire de Val-d’Or et j’ai grandi avec des gens des Premières Nations et entraîné des membres de la communauté de Pikogan pendant mes 18 ans à Amos. Je n’ai rien contre les communautés autochtones. Il faut travailler ensemble pour devenir de meilleures personnes et éviter des tragédies, a-t-il souhaité.

«La Fondation vise à faire découvrir aux jeunes qu’ils ont un avenir devant eux s’ils vont à l’école et obtiennent un diplôme. Aussi, Thierry était un grand sportif. On souhaite toucher la masse et encourager les jeunes de la communauté à s’impliquer dans le sport. Dans une équipe, il y a des règles, un encadrement et des coéquipiers. Tu apprends à vivre en société. On veut les occuper et les sortir de la rue», a conclu Michel Leroux.