De journaliste à chansonnière: Joanie Harvey voulait vivre au jour le jour


Publié le 5 avril 2017

Elle a tout quitté pour exercer le métier de chansonnière.

©Photo: Gracieuseté-Jean-Michel Decoste

MUSIQUE. Il n'est pas toujours facile de savoir ce que l'on veut faire réellement dans la vie. Après avoir été journaliste à Saguenay pendant 5 ans, Joanie Harvey a décidé de vivre de sa passion pour la musique.

Dès son jeune âge, la jeune femme de 26 ans explore le monde de la musique au sein d'une chorale pendant six ans et en prenant des cours de chant privés. Mais après son parcours dans un programme d'arts-études en musique au secondaire, elle prend une autre direction en s'inscrivant en Art et technologies des médias.

« Je ne voulais pas, à ce moment-là, faire de la musique mon plan A. Ça ne faisait pas partie de mes valeurs inculquées, j'ai choisi le journalisme. »

De 2010 à 2015, elle travaille dans l'univers des médias dans la région, notamment à la radio et à l'écrit. Entretemps, elle collabore pendant deux ans avec le chansonnier Guy Coulombe, des premiers pas qui la poussent à aller de l'avant.

« Ça a été ma première expérience dans les bars. Si je n'avais pas fait ça, je n'aurais jamais eu le courage de le faire par moi-même ensuite. »

Changement de cap

Malgré son amour du journalisme, certaines circonstances font qu'elle se remet en question et part en « road trip » aux États-Unis en juillet 2015.

« Pendant 32 jours, je me suis retrouvée seule avec ma voiture et moi-même. J'ai appris à me connaître et j'ai réalisé que je voulais vivre au jour le jour. »

En janvier 2016, elle décide de se lancer dans l'aventure et après s'être créé des contacts et avoir passé des auditions pendant trois mois, elle s'établit à Québec, en avril.

« La sélection des shows qui se feront dans les bars est déterminée en juin pour l'année suivante. J'ai fait une centaine de spectacles en 2016 en remplissant les trous dans les horaires et en obtenant des remplacements », indique notre ex-collègue.

Cette année, son booking officiel à la main, elle se donnera en spectacle près de 200 fois partout au Québec, mais les trois quarts se feront dans la Capitale nationale.

Joanie ne regrette pas ce virement de cap qui lui procure beaucoup de bien.

« C'est tellement un beau partage avec le public. Les gens viennent ici, oublient le mauvais de leur vie et me transmettent tellement une belle énergie. Je donne beaucoup, mais je reçois énormément d'eux. Ça me fait du bien de sentir que les gens croient en moi. »

Pour l'instant, la chansonnière aime son train de vie et compte bien travailler dans les bars encore plusieurs années. Elle souhaite aussi se mettre à l'écriture et la composition de chansons pour sortir un album éventuellement. La jeune femme ne ferme toutefois pas la porte au monde des médias, se laissant porter par les opportunités.

Défi au quotidien

Pour exercer sa passion, cette musicienne doit se soumettre à des horaires de nuit, bien loin du 8h à 16h. Elle dit travailler fort pour demeurer dans ce milieu d'hommes. « Il ne faut jamais rien tenir pour acquis. On peut ne pas me renouveler l'an prochain. Mais on est peu de filles dans le domaine, ça a ses avantages. »