Les organismes en Défense collective des droits crient à l’aide

Dominique Savard dominique.savard@tc.tc
Publié le 14 décembre 2016

Caroline Jean est accompagnée d’organismes en défense collective des droits de la région.

©Photo: TC Media-Dominique Savard

Les 300 organismes en Défense collective des droits (DCD) partout au Québec, dont les 19 de la région, lancent un cri d’alarme sur l’enjeu de leur financement et demandent 40 M$ de plus que les 18 M$ qu’ils reçoivent actuellement.

Diverses actions de perturbations sont à prévoir lors des prochaines semaines. Caroline Jean

« Nos organismes sont les plus méconnus du milieu communautaire. Nous avons la réputation d’être des "chialeux", mais notre travail d’éducation populaire est rarement mis de l’avant dans l’espace politique.  Notre financement est à peu près le même depuis 2001, et ce, même si les besoins sont beaucoup plus grands », de déclarer Caroline Jean, coordonnatrice du MEPAC du Saguenay-Lac-Saint-Jean, un regroupement de 38 groupes intersectoriel pratiquant l’Éducation populaire autonome dans la région.

L’invitée au Cercle de presse du Saguenay  a particulièrement visé le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais.

« Lorsque nous lui parlons, on s’attend à un minimum de reconnaissance de notre travail qui donne une voix aux plus démunis de notre société. Cette reconnaissance passe par un financement adéquat pour la réalisation de notre mission. M. Blais n’a ouvert aucune porte quant à un nouveau financement. Il a même émis l’opinion selon laquelle il existe deux sortes de droit, les droits civiques et les autres. Pour lui, les organismes en DCD ne s’occupent pas des vrais droits, alors pourquoi financer de tels groupes qui ne font que contester le gouvernement ? Il a un grave manque de compréhension de notre travail, mais également de la constitution même de notre société démocratique. »

Services

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les organismes en DCD ont fait, l’an dernier, plus de 25 000 interventions directes auprès de plus de 12 000 individus ou groupes ciblés.

Dans ce type d’intervention, on retrouve, notamment, de l’accompagnement à des tribunaux administratifs, des consultations budgétaires, de la distribution de coupons alimentaires, des séances d’informations sur les droits des personnes retraitées, de l’accompagnement pour différents formulaires, la défense des droits des personnes handicapées, la mise sur pied de cuisine collective, etc.

« À titre d’exemple, Accès condition vie Lac-Saint-Jean Est par ses activités et son innovant café l’Accès a comptabilisé 11 528 heures de bénévolat l’an dernier réalisé principalement par des personnes sur l’aide sociale ou vivant une situation de pauvreté. Pour sa part, le Service budgétaire d’Alma avec son projet La Boîte en carton aide des dizaines de personnes à déménager sur le territoire du Lac-Saint-Jean-Est à peu de coûts depuis déjà deux ans », souligne Caroline Jean.

Caroline Jean, coordonnatrice du MEPAC du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

©Photo: TC Media-Dominique Savard

Moyenne

La moyenne de financement annuel des organismes en DCD est de 56 000$. Ce montant sert à embaucher une équipe de travail, ainsi qu’à payer les coûts de téléphone, loyer, assurances, papeterie, déplacements et internet.

« De plus en plus, nous sentons les impacts de ce manque à gagner. Les moments de fermeture sont de plus en plus longs l’été et s’étirent maintenant dans le temps des Fêtes. Ces périodes de fermeture prolongée réduisent directement le nombre d’interventions offertes à la population et compressent en de plus petites périodes une charge trop importante de travail à réaliser auprès de la communauté. »

Revendications

Les DCD exigent donc 40 M$ de financement récurent à la mission de base, ce qui représente 117 858$ pour un organisme local, 159 108 $ pour un organisme régional et 279 912 $ pour un organisme national.

« Les groupes en DCD lancent partout au Québec une série d’actions visant à interpeller le ministre François Blais, ainsi qu’à sensibiliser et mobiliser la population. Au cours des mois de décembre et janvier, des autocollants réclamant 40 M$ pour les organismes en défense collective des droits seront distribués », de conclure la coordonnatrice régionale du MEPAC.