Réapprendre à apprivoiser la mort

Mélanie Labrecque melanie.labrecque@tc.tc
Publié le 8 novembre 2016

Valérie Garneau, directrice des finances et ressources humaines du Groupe Garneau, Josée Masson, directrice générale de Deuil Jeunesse et Marie Ève Garneau, directrice des opérations du Groupe Garneau.

©TC Media - Mélanie Labrecque

SOCIÉTÉ. La mort est encore un sujet tabou. Si plusieurs refusent d’en parler, d’autres peuvent ignorer leur deuil. Ce constat soulève plusieurs questions chez ceux pour qui les décès font partie de leur quotidien.

Le monde de performance dans lequel nous vivons a transformé les façons d’aborder la perte d’un être cher. «On a vu Céline Dion debout devant le cercueil de son mari et qui ne s’écroule pas. Ça donne envie à toutes les mamans d’être comme ça. Quand les gens pleurent, ils pensent qu’ils ne sont pas forts. Deuil veut dire douleur et tes larmes montrent que tu aimais cette personne», a constaté, la fondatrice et directrice générale de Deuil Jeunesse, Josée Masson.

Le deuil est unique à chacun, la façon de le vivre aussi, poursuit-elle. Cependant, la société s’est donné des balises à respecter et des étapes à traverser. «Ça ne tient pas la route.»

«Ils retournent travailler le lundi d’après et font comme si rien ne s’était passé», a renchéri la directrice des opérations du Groupe Garneau, Marie Ève Garneau.

Pourtant, ajoute Mme Masson, c’est souvent après la première année que plusieurs frappent un mur. «Ils ont de la paperasse à régler, le deuil est suspendu. C’est après qu’ils réalisent ce qui est arrivé. Après un an, ils tombent en congé de maladie.»

Rituels

«En tassant la religion, on a mis de côté tout ce qui était lié aux rites funéraires parce que c’était basé sur la religion catholique. Pourtant c’est important», a souligné, la directrice des finances et ressources humaines du Groupe Garneau, Valérie Garneau.

L’aspect spirituel est très aidant, a affirmé Josée Masson. Aussi, note-t-elle, voir la dépouille est nécessaire. «Sinon c’est considéré comme une disparition. De regarder le corps, d’y toucher permet de s'ancrer dans la réalité.»

Quelques fois, s’est-elle désolée, il n’est même plus possible de le voir alors qu’à une certaine époque les défunts étaient exposés à la maison. Ensuite, elle est passée de cinq à trois jours, maintenant c’est une journée, une heure et parfois, il n’y en a pas du tout.

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