Ne pas prendre les signaux à la légère

Mélanie Labrecque melanie.labrecque@tc.tc
Publié le 8 novembre 2016

Les signaux de détresse lancés par les jeunes ne doivent pas être pris à la légère.

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SOCIÉTÉ. Les jeunes enfants qui commettent l’irréparable en s’enlevant la vie le font souvent sous le coup de la colère dans un désir d’avoir une existence meilleure. C’est ce qu’explique Lucie Pelchat, conseillère à la formation à l’Association québécoise de prévention du suicide.

Cette dernière insiste sur le fait que les parents ne devraient pas ignorer les messages lancés par un enfant qui verbalise son intention de trépasser. «La majorité l’avait dit, écrit ou dessiné avant de le faire. C’est difficile pour les adultes de concevoir qu’un enfant veuille mourir. Ces manifestations d’idées suicidaires ne sont pas prises au sérieux», a-t-elle lancé.

Certains groupes seraient aussi plus à risque. Elle mentionne, entre autres, les enfants qui vivent au sein d’une famille dysfonctionnelle, ceux qui ont un historique familial de troubles de santé mentale ou qui en souffrent.

Plusieurs raisons expliqueraient ces gestes. Selon des rapports de coroners, précise-t-elle, ils voulaient une vie meilleure ou aller rejoindre quelqu’un de décédé.

Les adolescents

«Il n’y a pas de facteur unique. Certains sont plus vulnérables, soit qu’ils vivaient avec un trouble de santé mentale ou de conduite. La toxicomanie était présente aussi dans plusieurs cas. D'autres sont confrontés à des antécédents familiaux de troubles psychiatriques», a soutenu Mme Pelchat.

Et les déclencheurs sont multiples. Elle note la rupture amoureuse, les conflits interpersonnels et les mesures disciplinaires. S’ajoutent les moments de transition, les échecs scolaires ou la perception d’échec. «Ils deviennent problématiques selon la perception qu’il a de ces événements et de sa capacité à les affronter.»

Certains signes tangibles peuvent mettre la puce à l’oreille: résultats scolaires à la baisse, des douleurs inexpliquées, automutilation, irritabilité, impulsivité, colère. «Encore une fois, toute verbalisation est à prendre au sérieux.» Les parents ne doivent pas hésiter à poser directement la question, a-t-elle affirmé.

Comment réagir

Si un suicide se produit dans l’entourage d’un jeune, Lucie Pelchat invite les adultes à ne pas le cacher. «Sinon, l’enfant n’a pas la place pour exprimer sa peine, sa colère, sa détresse et ses questions.»

Aussi, il ne faut pas hésiter à y mettre un interdit. Sans renier l’amour pour la personne qui est partie, les parents doivent faire comprendre aux enfants qu’il existe toujours des solutions à des problèmes. «Le suicide ne doit pas figurer pas parmi les options.»

En cas de doute, Lucie Pelchat note qu'il est possible de contacter des intervenants spécialisés par la ligne 1866-Appelle.

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