Vives tensions au sein du Syndicat des producteurs de bleuets


Publié le 15 avril 2017

Daniel Gobeil.

©Photo: TC Media- Serge Tremblay

CONFLIT. L’industrie du bleuet a déjà coulé des jours des plus heureux au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Deux résolutions adoptées lors de la récente assemblée générale annuelle des producteurs suscitent des tensions.

Le producteur Daniel Gobeil, qui dénonce depuis longtemps les pratiques des acheteurs et qui a même fait l’objet d’une poursuite en diffamation par ceux-ci avant qu’elle ne soit abandonnée en 2016, a fait adopter deux résolutions par l’assemblée à l’issue d’un vote secret.

La première demande que le comité de mise en marché mandate un organisme indépendant pour trouver de nouveaux débouchés, de nouveaux transformateurs et de nouvelles possibilités de congélation pour les bleuets des producteurs.

Actuellement, les producteurs sont tenus de confier leurs bleuets à des transformateurs dont les installations sont situées sur le territoire visé par le Plan conjoint, soit Bleuets Sauvages du Québec, Bleuets Mistassini et Usine de congélation de Saint-Bruno.

La seconde résolution enjoint le syndicat de conclure une convention de mandat avec un cabinet d’avocat, en l’occurrence la firme Létourneau Gagné, afin d’entreprendre des démarches pour procéder à une vérification complète des données comptables de Bleuets Sauvages du Québec, Bleuets Mistassini et Usine de congélation de Saint-Bruno.

Bleuets.
(Photo TC Media – Archives)

Le fruit d’un climat tendu

Ces deux résolutions s’inscrivent dans un climat tendu qui prévaut déjà entre un certain nombre de producteurs de bleuets de la région et les acheteurs et transformateurs. Ces producteurs, Daniel Gobeil en tête, souhaitent obtenir une vérification en profondeur des chiffres ayant servi au calcul des redevances qui ont été payées par les acheteurs et transformateurs afin de s’assurer que le juste prix a été obtenu.

Pour obtenir ces chiffres, Daniel Gobeil s’appuie sur l’article 8.01 de la Convention de mise en marché en bleuetière, qui prévoit que l’acheteur ou le syndicat s’entendent, sur la demande de l’une ou l’autre des parties, à veiller à la vérification des renseignements donnés et rapports fournis.

« Actuellement, les acheteurs nous fournissent les documents qu’ils veulent bien nous fournir et on doit les accepter comme tel. Je suis d’avis qu’une vérification approfondie des documents fiscaux qui se rapportent à la transformation et à la vente est primordiale pour négocier une convention qui sera équitable pour les producteurs », soutient Daniel Gobeil.

Ce dernier a obtenu un avis juridique sur la teneur de l’article 8.01 qui affirme que « la Convention permet à une partie de faire vérifier les renseignements donnés et les rapports fournis par l’autre partie, et ce, sans obtenir l’accord préalable de cette dernière. »

Si on s’en tient à l’interprétation de cet avis juridique, les acheteurs et transformateurs seraient tenus de dévoiler leurs livres sur la simple demande du Syndicat.

M. Gobeil ajoute qu’il ne se leurre pas et croit que toute tentative d’aller en ce sens se retrouvera devant les tribunaux, car elle sera contestée par les acheteurs. « Ça m’apparait évident, mais nous devons faire valoir nos droits comme producteurs et être prêts à aller jusqu’au bout », clame-t-il.

À lire également: