Santé mentale: La demande d'aide est en augmentation

Dominique Savard dominique.savard@tc.tc
Publié le 26 juillet 2016
Grief. Man in thoughts.
Photo: Depositphotos

DÉTRESSE. Sans être en mesure de commenter spécifiquement les cas de trois hommes en détresse nécessitant l’intervention policière à Saguenay lors des trois dernières semaines, la coordonnatrice clinique de l’équipe en santé mentale au CLSC de Chicoutimi, Marie-Claude Girard, avoue constater une augmentation de demandes d’aide depuis quelques années.

« Est-ce que cette hausse s’explique par le fait que les gens connaissent mieux nos services, ou parce qu’il y a plus de personnes touchées ? C’est difficile à dire. Plus les personnes ont des facteurs de risque et plus la situation va être inquiétante. Par facteurs de risque, je parle de tentative de suicide, consommation, impulsivité, isolement social, changements au niveau des habitudes de vie, etc. », souligne Mme Girard.

L’intervenante ajoute qu’en cas de crise, il ne faut pas hésiter à signaler de 811 qui offre les services d’Info-Santé et Info-Social.

« La personne en détresse sera en contact avec un travailleur social qui sera en mesure d’analyser la situation. Si une assistance immédiate est nécessaire, un intervenant va se déplacer au domicile et s’il le faut, il fera appel à un policier pour l’accompagner au besoin. Pendant la journée, l’appel est acheminé vers le CLSC, alors qu’après 16h30, ce sont des intervenants qui sont au bout du fil. Il ne faut pas hésiter à faire appel à ce service. »

Marie-Claude Girard convient que les hommes sont moins nombreux que les femmes à demander de l’aide de leur propre chef.

« Ils ne consultent pas souvent et quand ils le font, il est tard. Du moins, c’est ce que je constate dans ma pratique de huit années. Le besoin des hommes est immédiat et avec eux, l’intervention doit être dans l’action. Les femmes ont moins de gêne et moins de honte et elles consultent plus rapidement. »

Autres services

En plus du 811, le Réseau Hommes Québec est une ressource adaptée particulièrement pour les hommes.

« C’est un réseau d’hommes pour des hommes. Ils peuvent se retrouver avec des difficultés semblables. Si une femme a tendance à plus parler de ses problèmes, l’homme, lui, l’exprime souvent par une augmentation de la colère, d’agressivité, de consommation. Il s’isole. L’entourage a moins le goût de les aider, mais ce sont vraiment des signes de détresse. Si l’on a peur qu’il commette un acte de violence ou de détresse pour sa sécurité ou celle d’autres personnes, il ne faut pas avoir peur de faire le 911. Il y a aussi le Centre de Prévention du suicide qui fait partie du réseau d’aide », laisse tomber Mme Girard.

Rappel

Rappelons que le 25 juillet, un homme de 42 ans a menacé de mettre fin à ses jours avec une arme à feu sur le chemin de la Réserve à Chicoutimi. Il a accepté de se rendre sans résistance.

Deux jours plus tôt, Kevin Tremblay a tenu les policiers en haleine pendant pas moins de 16 heures sur la rue Hemingway à Chicoutimi. L’homme était armé, mais a finalement accepté de se livrer.

Deux semaines plus tôt, on se souviendra que les forces policières avaient maintenu un autre siège de 16 heures alors que Simon Simard, 27 ans, s’était barricadé dans son appartement de la rue Saint-Germain. Ce dernier est finalement décédé des suites de ses blessures après avoir été atteint par les tirs des policiers de la Sûreté du Québec.

Ressources spécifiques pour la clientèle masculine

-Réseau Hommes Québec : numéro sans frais : 1 877 908-4545

-Groupe Transition : 418 820-1433 (24/7)

-Groupe Cou...rage : 418 549-0765, poste 244