Le fléau de l'agrile du frêne: Pas encore un réel danger, mais…

Audrey-Anne Maltais redaction.saguenay@tc.tc
Publié le 13 mai 2015

FRÊNES. Vous vous souvenez probablement du scolyte de l'orme, qui avait fait des ravages dans les forêts québécoises et ici même, il y a quelques années. Voilà qu'un nouveau danger plane à présent…

Un autre fléau, qui se retrouve actuellement en Ontario et dans le sud du Québec, menace de se répandre jusque dans notre région.

L'agrile du frêne, originaire d'Asie, s'attaque uniquement à ce type d'arbre, omniprésent au Saguenay.

Avec la saison du camping qui approche à grands pas, Robert Lavallée, chercheur entomologiste pour Ressources naturelles Canada, tenait à rappeler l'importance de ne pas déplacer de bois coupé, d'une ville à l'autre.

«Même si le problème se retrouve seulement dans le sud pour l'instant, nous ne sommes pas protégés, parce que l'agrile vit autant dans le bois du frêne vivant, que dans celui qui est coupé».

Attaque rapide

Difficilement détectables, les larves de cet insecte vivent sous l'écorce du frêne, au stade immature et s'attaquent d'abord à la cime des arbres, aux dires du chercheur.

«Lorsque l'on repère l'agrile, le frêne est déjà dégarni et il devient presque impossible de le sauver. Les arbres sont attaqués très rapidement et lorsque l'on soulève l'écorce, on trouve des centaines de galeries larvaires, où les larves se sont nourries à même la partie vivante de l'arbre», a-t-il précisé.

L'éparpillement de leur population empêchera l'éradication complète de ces bestioles, nous informe M. Lavallée.

Ce type d'insecte ne migre pas sur de longues distances, ce sont les humains qui les transportent d'un endroit à un autre, souligne ce dernier.

De nouveaux moyens de lutte

Afin de réduire la progression de l'agrile du frêne, M. Lavallée et son collègue Claude Guertin, tentent de réinstaller un équilibre naturel, en utilisant des moyens biologiques. On ne retrouve aucun prédateur naturel de la bestiole en Amérique du Nord.

«On travaille avec un piège, dans lequel l'insecte se fait contaminer par un champignon. Celui-ci pénètre dans l'insecte et produit un enzyme, qui tue ce dernier. Cette technique sera déployée cette année à Montréal, du jamais vu dans les milieux urbains», a indiqué le chercheur.

L'expert en entomologie veut également introduire la guêpe Tetrastichus Planipennisi, minuscule insecte qui ne s'attaque pas aux humains.

Prédateur de l'agrile du frêne, cette dernière va pondre ses œufs uniquement dans les larves de celui-ci.