Jean-Philippe Tremblay promène sa passion à travers le monde

Chef d’orchestre à 35 ans

Johanne DeLaSablonnière johanne.delasablonniere@tc.tc
Publié le 1 août 2013
Jean-Philippe Tremblay a étudié l’alto, la composition et la direction d’orchestre au Conservatoire de musique du Québec à Chicoutimi. Il a poursuivi ses études dans plusieurs grandes écoles réputées.

Il faudra patienter jusqu’à la prochaine Opérette de la Société d’Art Lyrique du Royaume (SALR) avant de revoir le chef d’orchestre Jean-Philippe Tremblay dans la région. En attendant, le directeur de l’Orchestre de la Francophonie (OF) cumule les invitations à travers le monde et se promène sur les grandes scènes du Québec pendant tout l’été.

Originaire de Chicoutimi, Jean-Philippe Tremblay est, en effet, assujetti à un agenda estival impressionnant. Entre deux allers-retours en Amérique Centrale, où il a dirigé la Youth Orchestra of the Americas (YOA), le jeune homme de 35 ans, qui est l’un des plus jeunes chefs d’orchestre de la planète, raconte qu’il promènera sa passion sur les scènes québécoises durant tout l’été. Pas de rendez-vous avec le Saguenay cependant.

« C’est certain que j’aurais beaucoup aimé avoir l’occasion de diriger l’Orchestre de la Francophonie dans la région. Un spectacle sur la scène extérieure de la Zone portuaire, par exemple, serait très stimulant pour les musiciens et l’auditoire », mentionne le jeune homme qui n’entrevoit toutefois pas cette possibilité avant 2014. Pour les impatients, un concert de l’Orchestre de la Francophonie, aura lieu à quelques kilomètres d’ici, soit au Domaine Forget (Charlevoix), le16 août prochain, signale celui-ci.

Un tremplin pour faire carrière

L’Orchestre de la Francophonie joue un rôle de tremplin auprès des jeunes musiciens qui aspirent à faire carrière dans un grand orchestre. Chaque année, ils peuvent soumettre leur candidature pour faire partie de l’OF.« Cette année, nous avons un orchestre de 50 musiciens. Outre la formation postuniversitaire, l’Orchestre (de calibre international) permet d’acquérir beaucoup d’expérience et d’outils pour une carrière éventuelle », signale Jean-Philippe Tremblay, qui la dirige depuis 2001.

Ce sont donc 300 concerts, présentés au Canada, aux États-Unis, en Allemagne et en Chine avec 1127 musiciens que le chef a dirigés du bout de sa baguette. Mais, si ce privilège constitue pour lui une discipline à la fois exigeante et agréable, il ne se perçoit pas son rôle comme celui d’une personne en autorité.

« Je suis un peu comme un coach de hockey, illustre celui-ci. Nous formons une équipe. Mon rôle, c’est de faire monter l’émotion. J’apprends énormément au contact des musiciens. Ils sont mes meilleurs professeurs », résume Jean-Philippe.

Par ailleurs, s’il est vrai que les possibilités de carrière sont restreintes pour les musiciens professionnels, il faut persister selon lui. « Pour un seul poste à l’OSM, il peut y avoir 300 auditions, relate celui-ci, et il y a beaucoup d’excellents musiciens au Québec. J’ai eu des moments de découragement, moi aussi. Mais, il faut continuer. De toute façon, l’apprentissage de la musique, ça n’est jamais perdu », affirme celui-ci.

En plus d’assurer la direction de l’OF, Jean-Philippe Tremblay a dirigé de prestigieuses formations européennes dont l’Orchestre National de France, l’Orchestre Philharmonic de Rotterda, l’Orchestre de chambre de Vienne et le London Philharmonic Orchestra, pour ne nommer que ceux-là.

En guise de conclusion, le musicien et chef d’orchestre fait le vœu que les jeunes soient stimulés dès le primaire à apprécier la musique classique. « Ils sont notre public de demain », termine le chef d’orchestre.

En 2012, l’orchestre de la Francophonie avait attiré plus de 10 000 spectateurs. Cette année, la série de concerts permettra, notamment, d’assister à l’audacieux mariage des musiques électronique (Jean-Philippe Goncalves) et classique (violoniste Alexandre Da Costa).

Dans une série de 12 concerts, l’Orchestre interprète les grandes œuvres de Debussy, Mendelssohn, Bizet, Haydn ainsi que celle d’un jeune compositeur canadien, Frédéric Chiasson sur plusieurs scènes du Québec, du 24 juillet au 16 août.