Devant le doute persistant quand au nombre de participants avancé par les fonctionnaires du Cabinet du Maire, la coordonnatrice de Loge m’entraide, Sonia Côté a contacté quelques membres pour savoir s’ils avaient participé à la Campagne de Téléphone Rouge.
«Quand j’ai constaté que déjà 34 citoyens confirmaient avoir appelé au Cabinet du Maire, il ne m’en fallait pas plus pour arrêter mes appels pour prouver qu’il y avait eu bien plus que 23 téléphones comme l’affirmait les membres du Cabinet du Maire. Plusieurs autres membres en ont aussi profité pour nommer les raisons qui ont fait qu’ils n’ont pas participé à la Campagne de Téléphone Rouge. Ils n’ont pas appelé par timidité, appréhension, fatigue de se battre depuis un an contre un maire fermé au dialogue ou encore parce que la ligne téléphonique était toujours occupée», de raconter Sonia Côté.
De plus, Loge m’entraide demande même aux citoyens qui ont téléphoné au Cabinet du Maire puissent en informer l’organisme. «Nous sommes sûr qu’il y a eu bien plus que 34 appels et nous invitons les citoyens qui ont appelé au Cabinet du Maire à nous le faire savoir».
Action symboliquePour Sonia Côté, la Campagne de Téléphone fut un succès sur toute la ligne. «Dans la lutte à la pauvreté, le succès ne se mesure pas en nombre de participants mais aux efforts mis pour atteindre l’objectif ! La Campagne de Téléphone Rouge était une action symbolique pour que le Maire entende parler du projet et non pas un concours téléphonique».
Quelque soit le nombre d’appels, la naissance de la Coopérative d’habitation est justifiée. « Allez demander aux 1455 ménages de Saguenay qui consacrent plus de 80 % de leur revenu au loyer s’ils veulent la naissance de la Coopérative d’habitation de l’Espérance? Tous vont vous répondre oui avec empressement », de demander Mme Côté.
Soulignons que le 11 novembre dernier, Loge m’entraide a envoyé par courriel une invitation au Maire de Saguenay pour obtenir une rencontre. «Nous n’avons eu aucune réponse mais nous demeurons confiants que le Maire ouvrira sa porte après une année de fermeture à notre endroit», de laisser tomber Mme Côté.
Rappelons que Loge m’entraide demande depuis 1 an déjà un don de 400 000 $, la cession d’un terrain municipal et un rabais de taxes de 35 ans pour fonder 24 logements sociaux. L’organisme a recueilli une pétition de 9462 signataires et 100 000 $ en dons monétaires pour aider Ville de Saguenay à diminuer sa propre contribution au projet.
Non-paiement de loyerPar ailleurs, Loge m’entraide craint que la récente présentation par le gouvernement Charest du projet de loi 131 visant à s’attaquer à l’abus de procédures à la Régie du logement, particulièrement dans les cas de non-paiement de loyer, ne fasse dévier le débat sur ce problème grandissant.
«Les causes de non-paiement de loyer ne sont que la pointe de l’iceberg. Ce projet de loi ne règlera pas le véritable problème, soit celui de l’incapacité de payer des ménages locataires à faible revenu!», a indiqué la coordonnatrice de Loge m’entraide, Sonia Côté.
Au Québec, le nombre de causes reliées au non-paiement en 2009-2010 se chiffre à 46 315, soit 16 % plus élevé qu’en 2000-2001 alors qu’il était de 39 942. À Saguenay, le nombre de causes de non-paiement était de 523 en 2006-2007 pour atteindre 614 en 2008-2009, une hausse de 17,4 %.
L’organisme y voit un effet direct de l’explosion du coût des logements à Saguenay depuis 2002. Selon les rapports annuels sur le marché locatif de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le loyer moyen d’un logement de deux chambres était de 440 $ en 2002 pour atteindre 518 $ en 2009, une augmentation de 15 %. Elle rappelle du même coup qu’à Saguenay toujours, 1455 ménages locataires doivent engloutir 80 % et plus de leur revenu au loyer. Selon Loge m’entraide, il y aurait en moyenne que 3 % de mauvais payeurs. «Pour la plupart, ce n’est pas parce qu’ils ne veulent pas payer mais parce qu’ils ne peuvent pas. Le projet de loi 131 ne fera que jeter à la rue plus rapidement les locataires, créant ainsi d’autres problèmes comme l’itinérance », a mentionné Sonia Côté.
