Jean Charest et les étudiants : condamnés à s’entendre!

Dominique Savard
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Ils étaient plus de 200 000 étudiants dans les rues de Montréal jeudi dernier pour contester la hausse des frais de scolarité de 1625 $ sur une période de cinq ans. Malgré cela, le premier ministre Jean Charest refuse de s’assoir avec les étudiants pour tenter de dénouer l’impasse qui perdure et qui pourrait aussi mettre en péril la session d’hiver pour plusieurs d’entre eux.

Selon Jean Charest, les étudiants interviennent trop tard dans le débat. Le gouvernement a déjà « organisé une discussion » avec les associations étudiantes, un sommet sur l'éducation postsecondaire en décembre 2010, et le PM reproche toujours aux étudiants d’avoir choisi de boycotter l’événement, et ce, plus d’une année plus tard. N’y a-t-il pas un dicton qui dit: « mieux vaut tard que jamais »? Le gouvernement ne peut écarter du revers de la main ce mouvement d’étudiants grandissant et de plus en plus impressionnant.

Négocier avec eux ne veut pas dire pour autant qu’il faut accepter toutes leurs demandes sans mot dire. Mais la négociation, c’est toujours bien mieux que la confrontation. Nous en avons un bel exemple ici dans la région. Monsieur Charest et toute la classe politique n’ont-ils pas imploré les lockoutés de l’usine Alma et la direction de Rio Tinto Alcan de retourner à la table de négociation? Tout comme les travailleurs de l’usine d’Alma et RTA, les étudiants et le gouvernement sont condamnés à s’entendre. Aussi bien le faire en discutant, même si cette discussion arrive quinze mois trop tard, n’en déplaise à Monsieur le premier ministre.

Les résultats d’un sondage CROP commandé par la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) vont d’ailleurs dans ce même sens. En effet, ils révèlent que les trois quarts des répondants se disent favorables à ce que les étudiants et le gouvernement négocient pour mettre fin aux manifestations étudiantes, même si la population est divisée sur la question de la hausse des droits de scolarité.

En réalité, ces jeunes méritent d’être entendus par le gouvernement libéral et il est inacceptable que les Jean Charest et Line Beauchamp les traitent avec autant de mépris. Cette fin de non-recevoir de tenir une rencontre conduisant à d’éventuelles négociations avec les représentants des étudiants, est une erreur. Encore là, ce qui est bon pour pitou est bon pour minou. Devrait-on assigner un conciliateur pour rapprocher les deux parties comme l’a fait le gouvernement du Québec dans le conflit de travail à l’usine d’Alma ?

Démocratie élastique

En ce qui concerne les mouvements étudiants, convenons que la démocratie est un mot plutôt élastique. Prendre un vote de « grève » à main levée n’est pas conforme. Si les étudiants veulent parler de « grève », une action réservée aux travailleurs syndiqués, ils doivent dans ce cas-là, appliquer les mêmes règles. Aucun syndicat ne prendrait un vote de grève à main levée. Le vote secret est obligatoire dans cette circonstance.

Dans la région, 7856 étudiants sont en grève illimitée soit 855 membres de 7 associations à l’UQAC, ainsi que les 1146 étudiants du Cégep d’Alma et les 900 du Cégep de Saint-Félicien.

À Chicoutimi, les 3000 collégiens ont débrayé pour la manifestation du 22 mars à Montréal, alors que les 3200 étudiants du Cégep de Jonquière ont voté pour quatre jours de débrayage.

Un fait est certain, la situation ne peut pas se prolonger encore très longtemps. Il faudra un jour ou l’autre reprendre ces cours perdus. Et les jeunes qui ont un emploi estival ou de fin de semaine devront se passer de ces revenus pour compléter leur session. À ce compte-là, c’est bien plus que les1 625 $ de hausse de tarifs qu’ils devront compenser ! De plus, les conséquences seraient encore plus désastreuses s’il fallait que leur session soit tout simplement annulée.

Être pour ou contre la hausse des frais de scolarité est une chose. Mettre en péril une année scolaire en est une autre. La balle est dans le camp de Jean Charest, de la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, et les représentants des associations étudiantes. Enfermez tout ce monde dans une salle et qu’on trouve une solution. Ça presse!

Organisations: Rio Tinto Alcan, Fédération étudiante collégiale du Québec, FECQ UQAC

Lieux géographiques: Alma, Québec, Chicoutimi Montréal Cégep de Jonquière Camp de Jean Charest

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Derniers commentaires

  • robin fortier
    11 avril 2012 - 22:05

    Monsieur Charest est un avocat et il utilise beaucoup le système judiciaire pour matter la contestation (police, injonction, etc.). Si Monsieur Charest était un économiste il s'interrogerait sur le caractère opportuniste d'augmenter les frais en contexte de récession et également s'il était sociologue, il regarderait l'aspect du contexte actuel de pertes d'emploi à répétition, des difficultés de trouver des emplois ayant une rémunération supérieures au salaire minimum et également sur les conséquences de cette augmentation, à savoir, permettra-t-il une augmentation du nombre d'étudiants dans les universités ??? Également, quel est le message véhiculé ici pour les décrocheurs du secondaire?