« Des médecins de famille, on en a assez au Québec. Le problème, c’est l’horaire », selon ce que prétend le Dr. Gaétan Barrette. Ce dernier propose une permanence des soins, un système qui s’inspire d’une solution qui a été mise sur pied il y a quelques années en France. Un système dans lequel un médecin de famille par quartier (ville ou région) doit être disponible en tout temps. « La France a été extrémiste dans certaines façons de faire. Nous ne reproduirons pas la France, mais le principe qui sous-tend sa décision ».
La CAQ propose que chaque médecin de famille travaille en moyenne cinq heures de plus à tous les 10 jours du calendrier. « Ça devrait se passer de la même façon qu’en milieu hospitalier. Quand on pratique à l’hôpital, on a l’obligation légale de faire de la garde, ça fait partie de la game. Comment se fait-il que cette situation n’existe pas en cabinet? ».
Yves Bolduc« On va aller affronter la résistance ». Selon le Dr. Barrette, si aucun ministre n’a encore pris une telle décision au sujet du système de santé, c’est parce qu’ils ne veulent pas compromettre leurs relations dans le milieu.
« Si un ministre de la santé porte un tel discours devant des gens, la vie sociale dans sa profession risque de devenir assez médiocre. Mais il faut accepter le rôle qui va avec le poste », explique-t-il. « Yves Bolduc (le ministre de la santé sortant) prône la passivité. Ce n’est pas vrai que cette problématique va se régler avec le temps ».
Le Dr. Barrette n’a pas parlé de sommes qui seraient investies, affirmant ne pas pouvoir encore présenter de cadre financier. « Mais, on n’augmentera pas vos impôts », soutient-il. L’aspirant ministre de la santé soutient que cette solution serait mise sur place dans l’année qui suivrait son application.
Association des médecins omnipraticiensLe président de l’Association des médecins omnipraticiens du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Mario Dubois, a tenu à être présent lors du passage du candidat de la CAQ à Chicoutimi.
« Les principes sont quand même bons, mais je trouve ça difficile que ce soit fait d’ici un an », explique-t-il. Selon lui, le problème va plus loin que les horaires. « Le problème, c’est aussi les ressources, comme les infirmières ». Même si le nombre de médecins est peut-être suffisant en cabinets, ce n’est pas nécessairement le cas pour le milieu hospitalier, selon M. Dubois. « Je pense qu’il en manque de médecins. On en fait déjà beaucoup et ce n’est pas pour rien que les omnipraticiens deviennent fatigués et épuisés ».

