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Une rétrospective des œuvres de Ronald Thibert au CNE

Le sculpteur Ronald Thibert devant trois des 13 têtes inspirées de la Cène de Léonard de Vinci.(Photo: Marie-Danielle Roy

Le sculpteur Ronald Thibert devant trois des 13 têtes inspirées de la Cène de Léonard de Vinci.(Photo: Marie-Danielle Roy

Publié le 30 Août 2011
Publié le 30 Août 2011

Le CNE de Jonquière propose une exposition rétrospective d’une vingtaine d’œuvres choisies du sculpteur Ronald Thibert. Plusieurs des sculptures ont si rarement été présentées en public que même ses fils n’avaient jamais vu certaines pièces.

Sujets :
La Piéta , UQAC , Delacroix , Stabat

Depuis plus de 40 ans, Ronald Thibert sculpte le bois et le métal avec poésie. L’artiste sait mettre en valeur les références aux grands maîtres. «On est pris avec nos influences. Les gens ne voient l’art qu’à travers des images. Il faut revisiter les œuvres, les montrer en les reproduisant».

Le sculpteur est influencé tant par Rubens, Michel-Ange, Géricault que par Le Caravage et Rodin. Dans sa série La Piéta, Thibert emprunte un élément à Delacroix. «C’est une main qui s’agite pour demander de l’aide juste avant le déluge». Mais l’artiste est aussi influencé par d’autres formes d’art. La pièce de théâtre «Who's afraid of Virginia Woolf» donne son titre à une de ses œuvres. «Ce sont 32 éléments racontant le couple, l’art… et qui représente aussi les blessures, les cicatrices…».

Une de ses pièces majeures s’intitule Au jour le jour. «C’est comme un récit avec des chapitres… c’est la plus importante». Sans oublier une autre de ses sculptures ayant marqué un tournant dans sa carrière: Stabat.

Pourquoi faire de l’art?

Tout jeune, le sculpteur s’intéressait déjà beaucoup à l’art. «J’ai lu toute l’encyclopédie de l’art, du sumérien au contemporain. Malheureusement, les jeunes d’aujourd’hui ne se donnent pas la peine de chercher dans l’histoire. Ils ont beaucoup de prétention, ils pensent que l’art commence avec eux».

Et les jeunes, Ronald Thibert les connaît bien. L’artiste a travaillé pendant 24 ans à l’UQAC. À la fois comme enseignant et, à quelques reprises, comme responsable des programmes en arts, il a collaboré à la mise sur pied de différentes options tels que le théâtre et le cinéma.

«S’il n’était pas toujours facile de concilier le travail à l’université et celui de sculpteur, le bon calibre des étudiants m’obligeait sans cesse à actualiser mes connaissances. Si je n’avais pas été prof, je ne sais pas si j’aurais pu maintenir un questionnement sur l’art».

Alors pourquoi faire de l’art? «Pour ne pas mourir. Prétendre à l’immortalité. L’art est une forme de communication profonde, émotive… Il crée des éléments présents et modifie la façon de voir des gens… Si l’œuvre peut nous survivre…». L’exposition rétrospective Ronald Thibert est présentée jusqu’au 25 septembre.

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