Décrochage: la coopération franco-saguenéenne de plus en plus étroite

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Quand il a fondé, en compagnie de quelques autres personnes, le Groupe Écobes au milieu des années 80, Michel Perron n'aurait jamais pensé qu'un jour l'aventure le mènerait jusqu'en France à donner des conférences sur le décrochage scolaire. À ce sujet, les échanges de plus en plus étroits entre le Saguenay et l'État français.

Michel Perron est persuadé que les deux cultures, le Québec et la France, ont avantage à échanger leurs compétences.Photo Jean Marc Tremblay

Cet enchaînement logique découle d'études sociodémographiques d'Écobes quant à l'accès aux études collégiales et universitaires, publiée en 1993, prouvant que tous les enfants n'avaient pas chances égales de faire de hautes études selon qu'ils demeurent dans tel ou tel milieu. Il en découlé la création du CREPAS (Conseil régional de prévention de l'abandon scolaire), avec pour mission de mettre en place des mesures pour éviter le décrochage scolaire, plus prononcés dans certaines couches de la population.

Aujourd'hui, Michel Perron précise qu'il est plus approprié d'utiliser le terme de persévérance scolaire que de décrochage, une approche plus positive et plus juste du problème. Au fil des ans, le Saguenay-Lac-Saint-Jean a pris une telle avance sur les autres régions du Québec avec des programmes novateurs incitant les jeunes à demeurer sur les bancs d'école qu'il est devenu une référence, même en France. Et Michel Perron en est venu tout naturellement à aller là-bas pour faire partager ce qui se fait ici.

Implication politique

La première fois que Michel Perron est allé outre-Atlantique traiter de la question du décrochage avec une délégation québécoise, c'était en 2008. « Là-bas, nous nous sommes rendu compte que le décrochage n'était pas un concept prioritaire dans le système scolaire. Il y en avait évidemment beaucoup, mais on ne supposait pas que l'abandon scolaire pouvait générer directement de graves problèmes de société. Les troubles violents qu'ils ont vécus dans la banlieue a été comme un électrochoc et le président Sarkozy a commencé à utiliser le terme « décrochage » dans ses discours et à regarder plus attentivement ce qui se fait au Québec et au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Je suis fier de voir que notre expertise est copiée.

« Mais cela ne veut pas dire que les bénéfice ne se font qu'à sens unique. Le Québec a lui aussi beaucoup à apprendre du système français d'éducation. Il y a d'excellentes choses qui se font dans ce pays et nous devrions profiter des échanges qui se sont tissés au fil des années et se poursuivent. Ce qu'il y a de remarquable dans le système français, c'est que les élus de tous les niveaux sont beaucoup plus impliqués dans les prises de décision. Je pense que le Québec aurait avantage à modifier ses structures sous ce rapport.

« Ici, le ministère de l'éducation donne aux commissions scolaires toute latitude pour prendre des décisions locales et régionales et de gérer les budgets. En France, l'imputabilité des élus va jusqu'aux conseils communaux, ce qu'on appelle chez nous le conseil municipal. Donc, non seulement les commissaires élus des commissions scolaires sont-ils impliqués dans les décisions touchant l'éducation, mais également les élus municipaux.

« Je trouve que cette approche permet une meilleure formation des jeunes à intégrer le marché du travail. Car il faut savoir que la problématique dépasse les bancs d'école et inclus toute l'intervention auprès des jeunes sur le plan social afin qu'ils s'épanouissent peu importe le milieu d'où ils proviennent. Plus les efforts seront concertés chez tous les élus, municipaux ou scolaires, plus efficace seront les résultats ».

Organisations: Conseil régional de prévention de l'abandon scolaire

Lieux géographiques: Québec, Saguenay-Lac-Saint-Jean, France Atlantique

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