Facebook infiltré pour sensibiliser les étudiants

Dominic Munger
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Cégep de Jonquière

Un programme technique du Cégep de Jonquière a décidé de prendre les grands moyens pour sensibiliser ses étudiants aux risques des réseaux sociaux.

Des enseignants d’un programme technique du Cégep de Jonquière ont infiltré des profils Facebook pour sensibiliser les étudiants aux risques des réseaux sociaux.(Photo: Dominic Munger

En effet, devant des jeunes qui accordent de plus en plus d’importance aux réseaux sociaux, une équipe d’enseignants d’un programme technique du Cégep de Jonquière, qui désire garder l’anonymat, ont entrepris il y a trois ans d’infiltrer les profils Facebook de leurs étudiants de dernière année pour les sensibiliser aux dangers de ce genre de site.

« Nos élèves passent beaucoup de temps là-dessus. Ils y écrivent et publient plusieurs photos personnelles et cela peut entacher leur crédibilité maintenant ou pendant leur carrière », souligne une enseignante, qui a elle-même infiltré les profils.

Pour ce faire, elle s’est créée une fausse page Facebook puis a fait des demandes d’amitié à ses élèves. Une fois acceptée, elle pouvait librement visionner les photos et autres contenus qui n’étaient pas toujours acceptables. « Les étudiants qui m’ont accepté comme amie ne savaient pas qui j’étais. Ils ont ainsi approuvé qu’une personne qu’ils ne connaissaient pas puisse voir tout ce qu’ils publient », prévient l’enseignante.

Lettre

Après cette fouille sur les profils, les étudiants se sont vus remettre une enveloppe avec une lettre et des photos d’eux-mêmes trouvées sur Facebook. « Cette activité s’est déroulée dans la classe de manière très respectueuse et confidentielle. Quelqu’un est venu porter une enveloppe à chaque personne. Une heure plus tard, après que les étudiants se soient demandés ce qu’il s’était passé, nous avons expliqué la situation », affirme une autre enseignante.

L’événement a grandement fait réagir les élèves, selon les professeurs. « En tant qu’enseignant, c’est notre devoir de les informer sur les dangers qui entourent leur future profession et cela concerne tout type d’emploi. Avec ce genre de site, nous avons prouvé qu’il est facile de détruire une réputation sur les réseaux sociaux si la personne est mal intentionnée. Loin de nous l’idée de nuire. Nous voulons simplement sensibiliser.»

L’enseignant ajoute que des situations expliquées en classe démontrent qu’une simple photo ou un commentaire sur un réseau social peut entraîner le congédiement par un employeur. « Si nous avions simplement parlé des dangers en classe, personne n’aurait retenu. Mais nous leur avons réellement montré les risques et ils ont vécu des émotions face à ça, et ils s’en souviendront.»

Évolution

Depuis trois ans que cette activité est tenue dans le programme. Des changements ont d’ailleurs été constatés par l’équipe d’enseignement. «Au départ, tous les profils Facebook étaient ouverts. C’était donc très facile. Aujourd’hui, les mesures de sécurité ont été augmentées et c’est bien. Cela m’a été plus difficile cette année. J’ai très hâte de voir à quel moment je ne serai plus capable de le faire », indique l’enseignante en riant.

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