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« On disait d’elle que c’était un joyau »

Les trois ex-employés de Novelis, Jocelyn Larouche, Raymond Sheehy et Gino Gagnon, ont conservé des liens d’amitié.

Les trois ex-employés de Novelis, Jocelyn Larouche, Raymond Sheehy et Gino Gagnon, ont conservé des liens d’amitié.

Johanne De la Sablonnière
Publié le 30 Juillet 2012
Publié le 30 Juillet 2012
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Raymond Sheehy, retraité

Retraité depuis cinq ans, Raymond Sheehy a travaillé chez Novelis, pendant 33 ans. Pour ce travailleur qui avait gardé des liens forts avec ses anciens collègues, l’annonce de la fermeture de l’usine, qu’il a lue au bas de l’écran de télévision, le soir du 11 avril dernier, a été bouleversante.

Sujets :
Novelis , Oswego , États-Unis

« J’ai passé la moitié de ma vie là. Je n’en revenais pas. C’était comme un avis de décès », évoque M. Sheehy. Celui-ci se souvient des débuts plus difficiles, quand l’usine était expérimentale. Passant ensuite au statut d’usine de production, elle a battu des records de production. « Le message que l’on entendait de la direction était constant : c’est agréable de diriger une usine sans problème et qui est rentable, rapporte le retraité. On disait d’elle que c’était un joyau ».

Sortir la tête haute

Même si actuellement, les employés de Novelis évaluent que l’équivalent d’une année et demie de production est entreposée à l’usine d’Oswego aux États-Unis, ils refusent de se laisser guider par la colère. « Rien ne laissait présager que cette usine allait remplacer la nôtre. On perd gros dans tout ça. Des salaires importants, mais également toute une expertise. Avec les réserves de production qu’on leur envoie, ça leur donne le temps de faire leur apprentissage », expriment les travailleurs déçus, persuadés que le prétexte des frais de transport ne tient pas la route.

Mais en dépit du contexte de fermeture, les employés de Novelis se sont fait la promesse de fermer l’usine en gardant la tête haute et en exécutant leur travail de façon impeccable, jusqu’à la dernière minute, comme ils l’ont toujours fait. « Il n’y aura pas d’incidents, ni d’accidents », promet Gino Gagnon. Le 11 avril on nous a annoncé que l’usine fermait. Le 12, nous nous nous sommes promis de livrer la marchandise et de quitter le 1er août, de façon professionnelle. Il n’y aura pas de vitrines cassées», réitère celui-ci.

Les pertes d’emplois chez Novelis sont d’autant plus cruelles que le matin du 11 avril, 18 employés étaient en processus d’embauche tandis que 30 retraites étaient à venir, des emplois de qualité qui auraient dû être transférés à d’autres gens de la région», estiment les trois travailleurs mis à pied.

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