« La plupart du temps, les gens estiment que la région est très belle », rapporte M. Potvin. « Il y a peu de trafic. Les arbres, surtout en automne, sont magnifiques. Même l’hiver ne les effraie pas. Ils savent qu’ils ne sont pas en Floride », affirme le guide, en référence aux automnes plus précoces qui surprennent parfois les croisiéristes. Selon lui, il existe deux grandes catégories de touristes: ceux du Québec qui sont en grande majorité des francophones et les croisiéristes, qui proviennent d’un peu partout. « Quand il s’agit de croisiéristes, ça se passe en anglais », affirme celui qui est bilingue et qui se débrouille également en langue espagnole.
Si pouvoir communiquer est une chose, encore faut-il savoir de quoi on parle et être capable de l’exprimer aisément. À 73 ans, Maurice, un retraité du domaine de la construction, est donc retourné en classe pour poursuivre dans cette nouvelle voie. « J’ai suivi une formation de cinq mois au cégep de Chicoutimi qui offre, avec la collaboration du collège de Saint-Félicien, une formation principalement axée sur la géographie, l’histoire et l’architecture de la région. À mon âge, j’en savais un peu, mais j’en ai appris beaucoup », souligne M. Potvin qui a du même coup apprivoisé Internet.
L’histoire en trois arrondissementsL’architecture des édifices de Chicoutimi est riche en histoire et en information. La cathédrale, la chapelle adjacente à l’hôpital et les monuments religieux sont nombreux et ils évoquent plusieurs événements passés. « Par exemple, peu de gens connaissent la signification du fronton de Saint-François-Xavier, sur la Cathédrale de Chicoutimi », signale Maurice Potvin. (La fresque évoquerait la volonté du Saint d’aller évangéliser la Chine.) Le site de la Pulperie et celui de la Maison-Blanche regorgent, à eux seuls, d’événements plus qu’intéressants. « Même après 16 ans, la célèbre Maison qui a résisté au déluge continue de susciter de l’intérêt auprès des visiteurs qui veulent comprendre pourquoi et comment c’est arrivé », expose celui-ci.
La tournée du côté de La Baie propose la découverte d’artistes réputés, la visite des musées du Fjord et aérien, des haltes du côté du Pavillon d’accueil des croisières et une pause à la Rivière-à-Mars, un fort bel endroit, relate le guide. Un peu moins fertile en faits historiques que sa voisine, Jonquière présente l’église Saint-Dominique, son manoir (du Saguenay), son Centre historique et le parc Price, ses fromages, et, enfin la Rivière-aux-sables, découverte par Marguerite Belley. « Les expositions du centre culturel offrent aussi un beau délassement aux voyageurs », résume Maurice Potvin qui fait partie du regroupement des 38 membres de Guide-Saguenay, sous-traitant pour Promotion Saguenay. Et l’automne s’annonce occupé pour ces guides –animateurs puisque les bateaux, qui brillent par leur absence cet été, seront nombreux en septembre et octobre. Selon l’horaire des bateaux de croisières, quatorze navires vont accoster en septembre, dont six, comptant de 1200 à 2244 passagers. En octobre, huit autres géants, dont cinq transportent de 1200 à 2244 passagers, viendront mouiller dans le port de La Baie. À l’arrivée de ces grands visiteurs, les animateurs seront à l’œuvre, à bord d’autobus de dimensions régulières.

