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Le 24 juin 1912, un incendie ravageait le centre-ville de Chicoutimi

Le 24 juin 1912, un incendie a dévasté la centre-ville de Chicoutimi. Photos: Courtoisie

Le 24 juin 1912, un incendie a dévasté la centre-ville de Chicoutimi.

Johanne De la Sablonnière
Publié le 19 Juin 2012
Publié le 18 Juin 2012
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Il y a maintenant 100 ans

Il y a cent ans, arrivée au sommet de son architecture, Chicoutimi faisait déjà la fière, aspirant à accueillir un an plus tard, le congrès de la Fédération de la Chambre de commerce du Québec. Mais le cœur même de la cité allait cesser de battre, au matin du 24 juin 1912, quand la ville fut dévastée par un terrible incendie qui allait détruire en quelques heures, ses principaux édifices.

Sujets :
Maison de J.E. Cloutier , Chicoutimi , Rue Racine , New York

« Il s’agit d’un des plus gros événements historiques de Chicoutimi. Tout le haut de la rue Racine passe au feu », raconte l’historienne Russel-Aurore Bouchard. Alors qu’elle vit à l’heure de New York, poursuit celle-ci, la ville voit en effet, 200 édifices disparaître sous l’emprise des flammes incontrôlables, toutes les conditions étant en place pour sustenter l’insatiable incendie.

« Un des plus gros problèmes a été le système d’aqueduc inadéquat et bien sûr, les bâtisses en bois, les toitures en bardeaux de cèdre, les cours pleines de bois de chauffage. C’était un milieu favorable. Une telle configuration allait alimenter le l’élément destructeur » illustre l’historienne.

Le feu se déclare au Château Saguenay

Les uns supposent que c’est au sous-sol du Château Saguenay que se déclare le feu. Le grand hôtel de style Victorien qui accueille la clientèle touristique et d’affaires est pris d’assaut par le brasier en dix minutes à peine, et le pire va arriver. Voisin du bel immeuble Colozza, en face de la cathédrale et de l’hôtel Chicoutimi, le Château Saguenay qui se targuait pourtant de disposer de l’équipement de protection d’incendie nécessaire à chacun de ses trois étages, allait être mis au défi. Malheureusement, on constate rapidement que ces éléments de protection sont uniquement décoratifs.

« C’était l’année du Titanic qui avait coulé deux mois plus tôt », rappelle Russel-Aurore Bouchard. Tout le monde crie au feu, mais la pression de l’eau est faible et on n’a pas les équipements requis pour lutter contre l’incendie. Deux heures plus tard, les flammes s’attaquent à la cathédrale dont la flèche brûle par le haut et à midi, le Château Saguenay est perdu tout comme l’édifice Colozza, l’hôtel Desbiens, la salle publique, la Maison de J.E. Cloutier. À 13 h 30, en tombant sur le toit, la croix du clocher augmente la fureur du feu et ce sera au tour du Séminaire d’être immolé, en dépit des efforts des hommes et des religieuses qui font tout pour sauver les édifices. Tous les établissements entre Bégin, Parent, Sydenham et Racine sont détruits et ceux entre les rues Bégin, Labrecque, Cartier et Racine aussi…à l’exception des banques Nationales et de Montréal, construites en pierre.

« À sept heures du soir, tout était consumé. Heureusement, une opération de dynamitage et l’intervention des sapeurs de la Pulperie ont permis de protéger l’hôpital », rapporte Mme Bouchard. Mais le feu renaîtra sous les décombres le 25 juin au soir, alimenté par le vent et les pompiers reviennent jusqu’à ce que son souffle s’apaise enfin, vers une heure du matin. La ville est dévastée, 200 maisons brûlées, 830 personnes à la rue.

« Cela aura pour conséquence le renouvellement du plan d’urbanisme. On élargit la rue Racine qui s’ouvre vers Rivière-du-Moulin, et la ville, complètement reconstruite 10 ans plus tard, sera dotée d’un meilleur système d’aqueduc. Malheureusement, on ignore la recommandation de déplacer la cathédrale qui brûlera à nouveau en 1919 », évoque Russel-Aurore Bouchard.

Au naufrage du Titanic et à cet incendie, s’ajoute un terrible typhon qui dévastera Régina, le 30 juin suivant. Ottawa et Québec vont aider les sinistrés et les paroisses souscrivent généreusement durant cette année marquée d’épreuves. Dans son édition lancée en avril dernier, la revue d’histoire Saguenayensia consacre plusieurs pages à cet anniversaire, dont un texte truffé d’anecdotes intéressantes, sous la plume de l’historienne Russel-Aurore Bouchard.

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