Usine Alma: rejet massif des offres finales de Rio Tinto Alcan

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France Paradis
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Le STAA est disposé à reprendre les négociations immédiatement

Dans une proportion de 71 % pour les employés de Bureau, 98 % pour les employés du centre de revêtement de cuves et 88 % pour les employés Horaire, les offres finales de Rio Tinto Alcan ont été rejetées massivement par les quelque 800 travailleurs syndiqués de l’usine Alma. Marc Maltais se dit prêt à reprendre immédiatement les négociations, mais il faudra que ce soit du sérieux et que RTA fasse preuve d’ouverture face à ce mandat clair et précis de la part des travailleurs.

Les 780 travailleurs de l'usine Alma de Rio Tinto ont rejeté les offres finales de l'Employeur. À droite, on aperçoit le président syndical Marc Maltais.

Le représentant des Métallos, Dominique Lemieux a immédiatement transmis ce matin le résultat du vote à la direction de RTA, au médiateur et au conciliateur au dossier. La direction de RTA a laissé entendre qu’elle analysait la situation et reviendrait pour donner sa réponse.

« Ce que l’on cherche et que l’on veut, c’est retourner à la table de négociation et on va y participer de bonne foi. Mais, c’est clair, si ça ne négocie pas, on a un mandat de grève très clair aussi », a lancé avec aplomb Marc Maltais après le dévoilement des résultats du vote crucial qui s’est tenu jeudi soir et ce matin dans les trois accréditations.

Fossé

Questionné sur la largeur du fossé séparant les parties, Marc Maltais a signifié que ce fossé était large, mais qu’avec de la bonne volonté, RTA serait en mesure d’éviter le conflit.

« On a tracé la piste d’atterrissage, les lumières sont ouvertes et la compagnie n’a qu’à atterrir », a-t-il illustré pour démontrer comment les demandes syndicales sur la question de la sous-traitance et du plancher d’emplois sont des éléments majeurs.

Naturellement, à l’intérieur de l’usine, Marc Maltais ne cache pas que la tension monte, notamment avec l’arrivée de plusieurs gardes de sécurité qui surveillent les voitures qui accèdent vers l’usine à partir de la rue Boudreault et Des Pins.

De façon hypothétique, le Journal le Lac-St-Jean a demandé à Marc Maltais s’il était possible, advenant un conflit le 31 décembre à minuit, d’arrêter proprement les opérations de l’usine Alma pour en faciliter le démarrage une fois le conflit réglé.

Le président Maltais a été très clair : sans approvisionnements de matériaux de l’extérieur, l’usine dispose tout au plus d’une autonomie de trois jours à trois jours et demi et avec seulement 160 employés-cadres, il est impossible de maintenir les opérations en raison de la haute technologie qui est utilisée.

« On a tracé la piste d’atterrissage, les lumières sont ouvertes et la compagnie n’a qu’à atterrir » —Marc Maltais

« RTA sait très bien ce que ça pourrait coûter d’arrêter une telle usine. Le redémarrage serait également très difficile avec toutes les conséquences sur les équipements », soutient Marc Maltais qui n’ose cependant pas envisager cette situation.

Il a d’ailleurs révélé qu’en 2009, au pire de la crise économique où RTA a perdu 600 M $ dans ses alumineries, la haute direction avait envisagé de fermer certaines usines. Dans le cas d’Alma, l’équation avait démontré hors de tout doute qu’il en coûterait beaucoup plus cher d’arrêter l’usine et de la redémarrer que de la laisser en fonction.

Il en va de même pour le fonds de grève et le montant que chaque travailleur pourrait toucher, Marc Maltais a assuré que chacun touchera un montant appréciable lui permettant de bien manger, se chauffer et continuer à bien vivre.

Avant de conclure le point de presse, Marc Maltais s’est permis une boutade envers la direction de RTA : « On est les meilleurs aluminiers au monde, on mérite les meilleures conditions au monde », a-t-il conclu.

Sur Facebook

Quelques secondes ont suffi à différents syndiqués pour indiquer les résultats sur la page du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma Métallos 9490. Les commentaires sont nombreux pour décrire la satisfaction et la fierté des membres face à ces résultats. Certains autres messages plus provocateurs visent la partie patronale.

Organisations: Journal le Lac-St-Jean

Lieux géographiques: Alma, Rue Boudreault

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